Publié le 26 novembre 2024 sur Libre Média
Par Dr. Bernard Massie 

La critique des vaccins est-elle taboue? Alors que l’establishment qualifie leurs détracteurs de «vaccino- sceptiques» ou «d’antivax», des voix comme celle de RFK Jr défendent le droit de questionner sans être ostracisées. La science, c’est débattre.

Bernard Massie est docteur en microbiologie et immunologie ainsi qu’expert en virologie, biotechnologie et thérapie génique.

Selon plusieurs commentateurs médiatiques, véritables experts en ScienceTM, l’hésitation vaccinale serait équivalente à la posture qui vous mérite l’étiquette de «coucou» ou «d’antivax» que l’on attribue, sans vergogne, à Robert Kennedy Junior (RFK Jr) et à tous les scientifiques de son organisation Children’s Health Defense (CHD).

Calquant le qualificatif édulcoré de «climato-sceptique» attribué aux scientifiques qui critiquent l’alarmisme climatique, on désigne également les critiques de la vaccination de «vaccino-sceptiques».

RFK Jr et son organisation sont dénigrés par l’establishment scientifique et institutionnel, comme en témoigne cet éditorial publié en août 2024 dans la prestigieuse revue Science. On peut y lire que RFK Jr mérite pleinement son étiquette d’anti-vax, ainsi que tous ceux qui adhèrent à ses combats en questionnant les vaccins.

Comme si le questionnement était, par essence, non scientifique, et que ses détracteurs avaient l’orthodoxie de la ScienceTM de leur côté, tel un dogme!

Confiance aveugle

La prémisse de cette opinion, largement partagée, est la croyance que les institutions de santé publique sont compétentes et honnêtes et qu’elles sont à l’abri de toute influence des firmes de commercialisation ou biopharmaceutiques. Vraiment?

| Faut-il faire aveuglément confiance à la santé publique et aux sociétés pharmaceutiques?

Comment peut-on ignorer l’immunité contre toute poursuite judiciaire en relation avec des blessures vaccinales dont ces compagnies bénéficient depuis 1986 aux États-Unis?

Loin d’être systématiquement opposé à la vaccination, RFK Jr propose simplement d’exiger que tous les vaccins soient soumis aux mêmes critères de démonstration d’innocuité et d’efficacité que tous les autres produits pharmaceutiques après une analyse transparente et indépendante des dossiers.

Et ceux qui ne rencontreront pas ces standards rigoureux seront retirés du marché pour assurer la protection du public.

Faut-il faire aveuglément confiance aux autorités de santé, qui elles-mêmes se fient aux compagnies pharmaceutiques sans exercer une prudence élémentaire, négligeant d’exiger des vérifications qu’elles regrettent ensuite de ne pas avoir demandées dès le départ?

Cette approche peut marcher si la confiance est méritée, mais qu’en est-il lorsque le doute s’installe? Ne serait-il pas alors plus avisé de vérifier avec diligence plutôt que de combattre le doute comme une hérésie scientiste?

Comme si on devait être pour ou contre la vaccination, sans se questionner. Et pourtant, comme le proclame Didier Raoult, «on a le droit d’être intelligent»! Pour ma part, moi qui ai consacré une partie de ma carrière en biotechnologie au développement de différents vaccins, j’ai envie d’affirmer, à la manière de Coluche: la vaccination, je ne suis ni pour, ni contre. Bien au contraire!

La vaccination si nécessaire

Ainsi, c’est avec la mort dans l’âme que j’ai été contraint de me questionner sur toute l’histoire de la vaccination, après la débâcle de la vaccination contre la Covid-19.

Je reste médusé que les autorités de santé publique, malgré une toxicité sans précédent – notamment au niveau des vaccins à ARNm modifié encapsulé dans des nanoparticules lipidiques –, résistent obstinément au retrait de ces produits du marché.

Cette obstination perpétue les dommages à la santé individuelle et collective que ces produits infligent sans bénéfices patents. Tout en augmentant les profits des compagnies pharmaceutiques et en préservant temporairement, de manière illusoire, la crédibilité des acteurs impliqués dans ces vaccins géniques.

Les dommages à la santé des gens n’ont d’égal que les dommages à la confiance envers les autorités de santé publique, les politiciens et les compagnies pharmaceutiques. Et c’est tellement dommage!

Dans le même temps, je comprends que mes anciens collègues, qui travaillent d’arrache-pied sur des technologies vaccinales avec des subventions colossales et les meilleures intentions du monde, ne soient pas forcément enclins à remettre en question les fondements de cette véritable poule aux œufs d’or.
J’espère simplement que j’aurais eu la lucidité et l’intégrité de remettre en question ces pratiques si j’étais encore actif dans ce milieu, comme certains de mes nouveaux collègues, encore en poste, qui ont payé et paient encore le prix fort pour oser s’exprimer.

L’hésitation vaccinale n’est pas un crime

La vaccination a été initialement conçue à partir d’observations, dont certaines remontent à l’époque de la peste athénienne, selon lesquelles une personne ayant survécu à une maladie semble ensuite y être résistante, bien que pouvant conserver des séquelles plus ou moins graves.

Dès les premières tentatives de proposer la vaccination pour la prévention des infections, il y a eu de la résistance autant dans la population que dans le corps médical. Et la résistance fut encore plus farouche lorsqu’on a tenté de mandater la vaccination.

Cette question de la vaccination, qui fut très polarisée dès le départ, et qui suscite des débats passionnés autant dans le milieu scientifique et médical que dans la population, est loin d’être facile à trancher. Et le manichéisme qui voudrait réduire le débat à une question de bien et de mal n’est pas sans rappeler les guerres de religion où tout un chacun se réclamait du bon côté de l’orthodoxie et de la foi.

Il faut souligner qu’on ne connaissait pas, à cette époque, ni la théorie des germes, ni le système immunitaire dont la découverte est même subséquente aux premières tentatives de vaccination. C’est dire à quel point les bases scientifiques et médicales de la vaccination étaient chancelantes dès le départ.

Depuis, la connaissance du système immunitaire a fait des progrès considérables, comme en témoigne le nombre impressionnant de publications scientifiques.

Mais en savons-nous assez pour développer les bons vaccins? Surtout, est-ce que nous exploitons ces connaissances à bon escient comme le révèlent les déficiences des vaccins contre les infections respiratoires comme la grippe et le rhume ou la Covid?

Bien sûr que la recherche bat son plein et laisse espérer l’élaboration de meilleurs vaccins pour les infections respiratoires virales, mais nous n’en sommes pas encore là et d’ici là, le doute raisonnable est plus que justifié.

Immunité naturelle vs vaccination

En fait, aucun vaccin disponible ne fait mieux que l’immunité naturelle en termes d’efficacité alors que les stratégies vaccinales ne cherchent qu’à émuler, tant bien que mal, la protection conférée par l’immunité naturelle.

Ce qui s’avère très difficile à faire lorsque nos connaissances sur la protection conférée par l’immunité naturelle sont encore hélas tellement lacunaires.

Les études montrent que la protection conférée par l’immunité naturelle est plus robuste et plus durable. Cette connaissance est bien étayée malgré la propagande des organismes de santé publique nationaux et internationaux qui ont tenté de la supprimer au cours de la crise sanitaire de la Covid-19.

Au lieu de présenter l’hésitation vaccinale comme un risque à la santé publique, ne serait-il pas mieux de combattre le dénigrement de l’immunité naturelle, sans laquelle aucun vaccin ne peut fonctionner?
Sans compter les nombreuses stratégies simple et peu couteuse pour fortifier l’immunité naturelle, comme le niveau adéquat de vitamine D qui est une des hormones majeures pour le bon fonctionnement du système immunitaire.

Les personnes les plus vulnérables aux infections sont celles dont le système immunitaire est affaibli et fonctionne en dessous de ses capacités normales. En quoi est-ce que la vaccination avec les stratégies actuelles peut remédier à ce problème?

La vaccination exploite le système immunitaire, elle ne le fortifie pas; elle est donc dépendante d’un système immunitaire robuste. C’est la raison pour laquelle on vaccine une personne avant de la soumettre à des traitements immunosuppressifs pour les greffes d’organes.

Parmi les facteurs les plus négligés dans les stratégies de vaccination, on retrouve l’immunité mucosale locale et l’immunité innée, dont l’un des déterminants les plus importants est la composition du microbiote comme régulateur de l’immunité.

La grande majorité de vaccins disponibles ne stimule pas efficacement l’immunité mucosale ni l’immunité innée. En outre, dans le segment de l’immunité adaptative, on néglige l’immunité cellulaire en focalisant principalement sur l’immunité humorale, c’est-à-dire les anticorps.

Or, l’immunité cellulaire avec les lymphocytes T et les cellules tueuses NK est essentielle pour combattre efficacement les pathogènes intracellulaires tels que les virus.

Des promesses difficiles à tenir

En théorie, la vaccination est une approche très séduisante, car on tente de protéger les gens des effets délétères d’une éventuelle infection, avec une inoculation qui serait beaucoup moins délétère que l’infection. Comme on inocule des gens en santé, on voudrait tous que ça marche en effet, avec un minimum de risques.

Mais en pratique, il est très difficile de simuler correctement l’infection naturelle, sauf avec des virus atténués comme le vaccin Sabin contre la polio, ce qui fait en sorte que la vaste majorité des vaccins ne parviennent pas à stimuler l’immunité naturelle aussi efficacement que l’infection naturelle.

Mais cette approche n’est pas sans risques comme on l’a vu avec la résurgence de polio d’origine vaccinale dans plusieurs pays où on a vacciné massivement avec le vaccin Sabin. Avec les méthodes de séquençage profond, on a rapidement démontré que ces polios étaient induites par la recombinaison de la souche vaccinale avec des entérovirus de l’intestin qui reconstituaient un virus pathogène.

De plus, démontrer que les bénéfices et risques associés aux vaccins restent préférables à l’infection naturelle, déclarée plus dangereuse, est un énorme défi.

Sauf peut-être pour des infections très graves comme l’Ebola qui peut tuer plus de 50% des gens en quelques jours. C’est clairement une situation où une intervention prophylactique avec des anticorps monoclonaux et un vaccin génique peut sauver des vies.

Parmi les mesures indirectes de l’efficacité vaccinale, il est souvent allégué que l’introduction des vaccins au 20e siècle a fait chuter de manière très importante la mortalité infantile découlant de nombreuses infections comme la rougeole, la polio, la diphtérie, la coqueluche et les fières scarlatines.

Or, les incidences de toutes ces infections ont chuté de plus de 90%… avant l’introduction de la vaccination. Et que penser des fièvres scarlatines, pour lesquelles aucun vaccin n’existe, mais dont le déclin a suivi la même tendance?

Le terrain déterminant dans la lutte aux infections

C’est fort probablement l’amélioration de santé générale par l’hygiène et la saine nutrition, le terrain, qui est en grande partie responsable de la réduction spectaculaire des problèmes de santé découlant des maladies infectieuses. Sans doute avec l’aide des antibiotiques aussi.

Ce qui ne veut pas dire que la vaccination n’ait pas hypothétiquement joué un rôle mineur. Mais c’est très difficile à évaluer. Et malgré la propension des organismes de santé publique et de fabricants de vaccins, de surévaluer l’importance de la vaccination, plusieurs études épidémiologiques crédibles contestent ce narratif.

Ne serait-il alors pas plus prudent d’invoquer le principe de précaution plutôt que d’imposer une vaccination lorsque le rapport bénéfices/risques est inconnu, voire contestable?

Dans la mesure où établir un rapport bénéfices/risques favorable pour la vaccination est très difficile, sans cette information fiable, on est dans la croyance, pas dans la science. Sauf que cette croyance est bien ancrée pour le plus grand bénéfice de l’industrie pharmaceutique!

Et sans une analyse crédible du rapport risques/bénéfices, d’un point vu éthique, on ne peut affirmer avec sérénité que les gens peuvent consentir à une vaccination libre et éclairée.

Avec le mouvement MAHA qui pointe à l’horizon avec RFK Jr, aurons-nous enfin des débats pour mieux éclairer les fondements scientifiques de l’hésitation vaccinale au-delà de la croyance et de la propagande?

Est-ce que la population est prête à examiner calmement les données et les questions anxiogènes autour de la vaccination, ou voudra-t-elle plutôt se réfugier dans le confort et l’indifférence emmaillotée dans ses croyances rassurantes, mais souvent dangereuses, par peur, par paresse ou par impuissance apprise?

À l’heure où notre santé est en jeu, il serait grand temps d’arrêter de se dorer la pilule!


A propos du Dr. Bernard Massie.

Diplômé en microbiologie et immunologie de l’Université de Montréal, il a effectué un postdoctorat à l’Université McGill pour étudier les virus tumoraux à ADN. Il a travaillé au Conseil national de recherches du Canada (CNRC) de 1985 à 2019 en tant que chercheur en biotechnologie. Il a consacré une partie importante de sa carrière au développement de bioprocédés intégrés pour la production industrielle d’anticorps thérapeutiques et de vaccins adénoviraux. Il a également été professeur associé au département de microbiologie et d’immunologie de l’Université de Montréal de 1998 à 2019. Il est actuellement consultant indépendant en biotechnologie. Tout récemment, il a été commissaire sur la Commission d’Enquête Nationale Citoyenne sur la gestion de la Covid19 qui a eu lieu dans 8 villes du Canada.